La voix invisible

La voix invisible

La voix invisible
Quatre villanelles
À Jean

I
4/4

Ferme les yeux Regarde en toi
Ce grand secret Si bien enfoui
Le sens profond De c’qui t’échoit

Rien n’est facile Tu l’aperçois
Le temps qui passe La vie qui fuit
Ferme les yeux Regarde en toi

Va ton chemin As-tu le choix ?
Parle à ton cœur Demande-lui
Le sens profond De c’qui t’échoit

Tes sensations ? Et tes émois ?
Rien n’a de sens Tout est fortuit
Ferme les yeux Regarde en toi

Tes émotions Dictent leur loi
Toi seul connais Et non autrui
Le sens profond De c’qui t’échoit

Qu’est-ce que tu veux ? Qu’est-ce que tu crois ?
Vis donc ta vie Dis-lui donc oui
Ferme les yeux Regarde en toi
Le sens profond De c’qui t’échoit

II
4/4

Tu te débats Dans tes brisures
Et tes remords Te font souffrir
Les tourments passent Et point ne durent

Et tu ne vis Tes aventures
Que le moment D’un bref soupir
Tu te débats Dans tes brisures

Écoute donc Dame Nature
Vois et admire Vis et respire
Les tourments passent Et point ne durent

Le temps guérit Plaies et blessures
L’oublierais-tu Dans ton délire ?
Tu te débats Dans tes brisures

Ton cœur plombé D’un noir Mercure
Fais-en de l’Or Fais-le reluire
Les tourments passent Et point ne durent

L’épreuve te frappe Et te triture
Pour t’affiner Et pour t’instruire
Tu te débats Dans tes brisures ?
Les tourments passent Et point ne durent !

III
4/6

Prête l’oreille À ta voix invisible
Elle te tendra Une main secourable
Et tu auras Une alliée véritable

Ta voix secrète Aux autres inaudible
Te donnera Des moments agréables
Prête l’oreille À ta voix invisible

Tu trouveras Un lieu sûr et paisible
Dans ton esprit Pour ton cœur malléable
Et tu auras Une alliée véritable

Tu écriras D’une plume intangible
Dans ta mémoire Un texte impalpable
Prête l’oreille À ta voix invisible

Bouche immobile Lèvres inflexibles
La voix te parle Si insaisissable
Et tu auras Une alliée véritable

Si tu te sens Si faible Si faillible
C’est que tu es Trop impressionnable
Prête l’oreille À ta voix invisible
Et tu auras Une alliée véritable

IV
6/6

Cette voix qui te cause C’est ton maître intérieur
C’est un esprit parleur Une mnémophonie
C’est à toi de l’écrire Le livre de tes heures

De ta voix invisible Tu parles avec ton cœur
Et tous deux improvisent Une polyphonie
Cette voix qui te cause C’est ton maître intérieur

Du roman de ta vie À toi d’être l’auteur
Les sons de ton esprit Résonnent en euphonie
C’est à toi de l’écrire Le livre de tes heures

La vie n’est pas facile Et c’est un grand bonheur
D’avoir un ami sûr De bonne compagnie
Cette voix qui te cause C’est ton maître intérieur

L’univers de l’esprit Et ses mille couleurs
S’ouvre enfin à tes yeux Le tout en synchronie
C’est à toi de l’écrire Le livre de tes heures

De tes songes et pensées Sois le compositeur
Et ton monde secret Vivra dans l’harmonie
Cette voix qui te cause C’est ton maître intérieur
C’est à toi de l’écrire Le livre de tes heures

Lâche prise !

Lâche prise !

Lâche prise !
Sextine

Lâche prise ! Lâche ! Et médite
Sois attentif ! Écoute la sextine
Ses six mot-rimes Qui s’répètent et s’permutent
Sa scansion sûre Qui s’déploye en spirale
Te bercent en rythme Te guérissent de ton spleen
Ca fait du bien À ton fluide vital

Laisse choir ! Laisse ! C’est vital
Arrête-toi ! Fais silence et médite
Oublie un peu Et ce monde et son spleen
Laisse-toi faire Par la belle sextine
Fais avec elle Un bon tour de spirale
Et frotte-toi À ses rimes qui s’permutent

Tes jours se suivent Et s’permutent
Tu cherches en vain Une force vitale
Tu tournes en rond Et non pas en spirale
Sur tes gyrations Il faut que tu médites
Change de sens Suis celui d’la sextine
C’est si plaisant De vivre loin du spleen

Et pense à ceux Qui ont l’spleen
Leur maux s’combinent Et leurs soucis s’permutent
Réjouis leurs coeurs Par le charme d’la sextine
La compassion C’est central ! C’est vital !
Et que ton coeur Toujours l’amour médite
Et que tes rimes Toujours tournent en spirale

Vois l’escalier En spirale
Vas-y ! Descend ! Tout au fond de ton spleen
Sur la souffrance Les illusions  Médite !
L’âme du monde Et la tienne s’permutent
S’ouvre une source Tu y bois une eau vitale
Et toutes choses Se résolvent en sextines

Calme tes nerfs Par un bon coup d’sextine
Toujours ta vie Qui cyclera en spirale
Y trouvera La Paix L’élan vital
Tu marcheras Délivré de ton spleen
Par la magie De ses rimes qui s’permutent
Le cours du monde Et des êtres Tu médites

Qui bien médite Le sens de la sextine
Et bien permute Les mot-rimes en spirale
Oublie son spleen Réjouis son fluide vital

Quatre pantoums malais

Quatre pantoums malais

Quatre pantoums malais

I
Un pantoum malais pas si laid
Octosyllabique

Nous est venu De Malaisie
Une symétrie Un chant Un rythme
Pour composer Belle poésie
Sur deux hélices Deux paires de rimes

Une symétrie Un chant Un rythme
Par des couplets De quatre vers
Sur deux hélices Deux paires de rimes
Tournent à l’endroit Tournent à l’envers

Sur des couplets De quatre vers
Elle vrille Elle vrille La double gyre
Tourne à l’endroit Tourne à l’envers
Ce si bel air Que chante ta lyre

Elle vrille Elle vrille La double gyre
Et se révèle Le grand secret
Ce si bel air Que chante ta lyre
Oui!  C’est bien lui! L’pantoum malais

Et se révèle Le grand secret
Le fil noueux De tes idées
Oui!  C’est bien lui! L’pantoum malais
Qui marche d’un pas Si décidé

Le fil noueux de tes idées
Me fait rêver À une gonzesse
Qui marche d’un pas Si décidé
En balançant Ses belles fesses

Me fait rêver À une gonzesse
C’pantoum malais Vraiment pas laid
En balançant Ses belles fesses
Ce bel éphèbe Si bien fait

C’pantoum malais Vraiment pas laid
Vif et Logique Plein d’fantaisie
Ce bel éphèbe Si bien fait
Nous est venu De Malaisie

II
Le vent
Octosyllabique

Il tourne Il tourne Il va Le vent
Elles vont Elles viennent Les feuilles mortes
Blessures Tourments D’un pas très lent
De jour De nuit Te font escorte

Elles vont Elles viennent Les feuilles mortes
Elles vivent Elles meurent Tes émotions
De jour De nuit Te font escorte
Des rires Des pleurs Des illusions

Elles vivent Elles meurent Tes émotions
Naïves Si vaines Fort éphémères
Des rires Des pleurs Des illusions
Cruellement Jouent sur tes nerfs

Naïves Si vaines Fort éphémères
Volent Volent S’envolent Tes espérances
Cruellement Jouent sur tes nerfs
Les trahisons L’absence de sens

Volent volent S’envolent Tes espérances
Pourquoi ? Pour qui ? Lutter ? Mourir ?
Les trahisons L’absence de sens
Te frappent Te brisent Sans rien te dire

Pourquoi ? Pour qui ? Lutter ? Mourir ?
Victoires Défaites Qui vont Qui viennent
Te frappent Te brisent Sans rien te dire
Elles crient Elles mordent Et elles te tiennent

Victoires Défaites Qui vont Qui viennent
Aveugles Absurdes Sauvages Cruelles
Elles crient Elles mordent Et elles te tiennent
Ces illusions Qui t’ensorcèlent

Aveugles Absurdes Sauvages Cruelles
Très belles Très pures De temps en temps
Ces illusions Qui t’ensorcèlent
Il tourne Il tourne Il va Le vent

III
Un jour viendra
Tétrasyllabique

Un jour viendra !
Ô mon amour
Tu partiras
Et pour toujours !

Ô mon amour
Je te le dis
Et pour toujours !
Loin des on-dits

Je te le dis
Femme veut confort
Loin des on-dits
Pour son beau corps

Femme veut confort
C’est bien connu
Pour son beau corps
Qu’elle met tout nu

C’est bien connu
Qu’un homme épris
Qu’elle met tout nu
Connait son prix

Qu’un homme épris
Qui la veut prendre
Connaît son prix
Et se fait tendre

Qui la veut prendre
Art laisse choir
En se fait tendre
Le piège noir

Art laisse choir
Qui ne vaincra
Le piège noir
Un jour viendra !

IV
En route vers le futur !
Hexasyllabique

En route vers le futur !
Ceux qui te veulent du mal
Qui ont tout fait pour t’exclure
Leur haine est radicale

Ceux qui te veulent du mal
Tu ne leur avait rien fait
Leur haine est radicale
Ils multiplient leurs méfaits

Tu ne leur avait rien fait
Tes blessures les amusent
Ils multiplient leurs méfaits
Reste fidèle à ta muse

Tes blessures les amusent
Ils jouissent de ta douleur
Reste fidèle à ta Muse
Qui donne le pur bonheur

Ils jouissent de ta douleur
Loin de ta belle Dame
Qui donne le pur bonheur
Elle ! Qui fortifie ton âme

Loin de ta belle Dame
Ne vas jamais t’égarer
Elle ! Qui fortifie ton âme
Ta belle va te consoler

Ne vas jamais t’égarer
Oublie la horde sauvage
Ta belle va te consoler
T’ouvrir son beau corsage

Oublie la horde sauvage,
Ta belle va, sois-en sûr,
T’ouvrir son beau corsage
En route vers le futur !

Quatuor

Quatuor

Quatuor
À Edite

I
En octosyllabes
En do lydien

Elle tourne Elle tourne La double spire
C’est un pantoum Qui glisse qui glisse
Qui va Qui vient Le long d’ta lyre
Qui monte Qui monte En double hélice

C’est un pantoum Qui glisse qui glisse
Qui en quat’quatre Donne le tempo
Qui monte Qui monte En double hélice
De quarte en quarte Moderato

Qui en quat’quatre Donne le tempo
Et danse Et danse Le rythme octal
De quarte en quarte Moderato
Prendra Prendra La diagonale

Et danse Et danse Le rythme octal
Toi qui l’écoute La p’tite chanson
Prendra Prendra La diagonale
Et chantera À l’unisson

Toi qui l’écoute La p’tite chanson
Suis bien le sens De la spirale
Et chantera À l’unisson
Ta vibration Fondamentale

Suis bien le sens De la spirale
Regarde Raisonne Permute et vois
Ta vibration Fondamentale
Résonnera Au son d’ta voix

Regarde Raisonne Permute et vois
Ce beau cristal Si symétrique
Résonnera Au son d’ta voix
Sa scansion pure Mathématique

Ce beau cristal Si symétrique
Nous vient d’l'orient Et d’ses mystères
Sa scansion pure Mathématique
Apaise l’esprit Détend les nerfs

Nous vient d’l'orient Et d’ses mystères
La form’pantoum Tel un mantra
Apaise l’esprit Détend les nerfs
Et cycle Et cycle Et cyclera

La form’pantoum Tel un mantra
Aux variations Si similaires
Et cycle Et cycle Et cyclera
Et lissera Ton caractère

Aux variations Si similaires
La mélodie T’relaxera
Et lissera Ton caractère
À ton rythme S’ balanc’ra

La mélodie T’relaxera
Te f’ra sourire Et réflechir
À ton rythme S’balanc’ra
Elle tourne Elle tourne La double spire

II
En hexatétrasyllabes
En la mineur harmonique

Et ce monde Et toi-même
Poussière Poussière
Ta guitare Ton poème
Misère Misère

Poussière Poussière
C’que tu fais C’que tu crois
Misère Misère
C’que t’entends C’que tu vois

C’que tu fais C’que tu crois
Comm’çi Comm’ça
C’que t’entends C’que tu vois
Ca vient Ca va

Comm’çi Comm’ça
Le temps passe Tel l’éclair
Ca vient Ca va
À quoi bon Tant s’en faire

Le temps passe Tel l’éclair
Et toi aussi
À quoi bon Tant s’en faire
Oui ! C’est ainsi

Et toi aussi
À la paix Tu aspires
Oui ! C’est ainsi
Tourne-toi Vers La spire

À la paix Tu aspires
Cherche Cherche Et trouve
Tourne-toi Vers La spire
Invente Découvre

Cherche Cherche Et trouve
La mélodie Le poème
Invente Découvre
Et ce monde Et toi-même

III
En octohexasyllabes
En do majeur harmonique

Les plis se voilent Les voiles se plissent
Se dévoilent S’illuminent
Ces mots si brefs Ces rimes lisses
Qui permutent Qui s’combinent

Se dévoilent S’illuminent
Ces jeux de mots Ces allusions
Qui permutent Qui s’combinent
Écoute bien Fais attention

Ces jeux de mots Ces allusions
Ont parfois Sens caché
Écoute bien Fais attention
Ils dévoilent ta psyché

Ont parfois Sens caché
Ces calembours Ces calligrammes
Ils dévoilent ta psyché
Te révèlent tes stéganogrammes

Ces calembours Ces calligrammes
Des jongleurs occitans
Te révèlent tes stéganogrammes
Tes rêves tant excitants

Des jongleurs occitans
Le gai savoir Bien encrypté
Tes rêves tant excitants
Par mots plissés Par mots voilés

Le gai savoir Bien encrypté
T’apprendra L’art d’Hermès
Par mots plissés Par mots voilés
Je t’en fais La promesse

T’apprendra L’art d’Hermès
Soleil et lune Et mille délices
Je t’en fais La promesse
Les plis se voilent Les voiles se plissent

IV
En octosyllabes
En mi phrygien

Regarde ! Le vent reprend ses tours !
Lune et Soleil Dans un ciel rouge
Un chemin droit Et sans retour
S’ouvre à tes pas Sans que tu bouges

Lune et Soleil Dans un ciel rouge
L’azur vermeil Loin de la houle
S’ouvre à tes pas Sans que tu bouges
Beaucoup plus beau Qu’ce monde qui coule

L’azur vermeil Loin de la houle
Un aigle noir Montre la route
Beaucoup plus beau Qu’ce monde qui coule
De la vraie vie La clé de voûte

Un aigle noir Montre la route
De l’univers Du pur amour
De la vraie vie La clé de voûte
Regarde ! Le vent reprend ses tours